La polygamie, motif de retrait de la nationalité ?
L’emballement médiatique est devenu récurrent
L’affaire du « mari polygame de la conductrice au niqab » a atteint la disproportion. Mais cette fois, dans un pays où l’emballement médiatique est devenu récurrent, c’est le politique qui est à l’origine de l’ampleur donnée à un fait divers isolé. Cette affaire va si loin qu’elle pourrait même déclencher une évolution de la loi sur l’attribution et le retrait de la nationalité française.
Un emballement médiatique et politique
Depuis que le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a demandé l’examen des conditions de retrait de la nationalité française concernant le mari de la contrevenante, ce qui à l’origine était une prune, est devenu une bouillante affaire politique.
Une méthode gouvernementale à base de coups de force
Brice Hortefeux s’est précipité sur cette affaire intervenue au lendemain de l’annonce par Nicolas Sarkozy d’un projet de loi sur l’interdiction totale de la burqa dans l’espace public. Une brusquerie récurrente dans la méthode du gouvernement, qui affectionne les coups de force.
Vers une loi anticonstitutionnelle ?
Le chef de l’État et le Premier ministre s’exposent à une censure du Conseil constitutionnel, qui devra examiner si la loi est applicable. « On est prêt à prendre des risques juridiques parce que nous pensons que l’enjeu en vaut la chandelle » (sic), a osé prononcer François Fillon.
« Si on est déchu de sa nationalité française parce qu’on a des maîtresses, alors beaucoup de Français peuvent l’être ». A moins que cette loi ne s’applique qu’aux français de confession musulmane ?
Enfin, autre trait caractéristique de la majorité confirmé dans cette affaire : ce qui est dénoncé par la gauche comme une « instrumentalisation », pourrait orienter le projet de loi relatif à la nationalité et à l’intégration, préparé par Éric Besson.